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Lundi 31 juillet : Avranches est libérée !

Pont-Gilbert, 0 h 15, une colonne d'Allemands annoncée par des tirs d'armes légères roule sur la route de la côte. Les Américains, peu nombreux, se replient sur le pont de la Sée, route de Villedieu-les-Poêles. Ils relâchent leurs prisonniers, devenus trop nombreux et encombrants. Un obus fait exploser un de leurs camions rempli de munitions.

Avranches, 2 h, le général américain Dager est averti de l'envoi de renforts.

Le Mans, 2 h 10, Von Kluge dirige les opérations depuis son blockhaus, caché sous un Iycée de jeunes filles au Mans. Il réclame de l'aide à Paris. Mais il n'y a plus de réserves disponibles. Von Kluge ordonne à Farmbacher, commandant du Front Ouest (Bretagne), de reprendre Avranches. Il insiste : « De la chute d'Avranches ou de sa conservation dépend l'issue de la lutte sur le front occidental. » (E. Florentin)

Pont-Gilbert, 5 h, les Allemands en fuite entrent dans Avranches par Pont-Gilbert et installent des canons en bordure de la colline, face à la route de Granville. Une de leur colonne fuit en direction de Mortain. Les Allemands prennent à revers les Américains au Mont-Jarry. William Whitson abat 50 ennemis et detruit 20 véhicules légers avec un canon, avant de succomber à son tour.


(Reproduction interdite)
L'accueil des libérateurs par une Avranchinaise.

Etat-Major américain, la journée commence mal pour Patton. Son chien Willie, un bull-terrier, a eu une aventure violente avec une french-lady­dog et surtout a déterré le cadavre d'un soldat allemand. Georgie, étincelant, réunit ses généraux .« Nous sommes à la veille d'événements grandioses. La consigne c'est : de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace. Foncer c'est réduire les pertes. »

Pontaubault, les Allemands chassés reviennent, et s'emparent de Pontaubault. Continuant sur Avranches, ils détruisent les nids de résistance et stoppent les chars alliés aux abords de la ville.

Le Mans, 9 h 23, Speidel, chef d'état-major du groupe d'Armée B (Normandie) encourage Von Kluge à tenir. Celui-ci contacte Berlin pour avertir de la gravité de la situation.


(Galerie photo-ciné-son : 0233605820
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Les américains place Littré


Avranches,
Mont-Jarry, le colonel Bacherer installe 14 canons à Saint-Martin-des­Champs et à Saint-Quentin ­sur-le-Homme qui pilonnent le Mont-Jarry. Les Américains utilisent des mortiers au phosphore pour s'opposer à la puissante colonne allemande. Les obus volent au-dessus de la chapelle du Carmel où prient les religieuses. Un furieux corps a corps oppose les combattants. La bataille va durer quatre heures.

Vers 12 h, le ciel s'éclaircit. Au Mont-Jarry, une escadrille de P.47 mitraille les Allemands, qui se rendent par centaines. Le général Dager reprend Pont-Gilbert. Emile Jugan, véritable trompe-la-mort, est encore une fois en première ligne.

«Je me dirigeais vers Marcey, lorsque je tombe sur des Canadiens et des noirs. Un char canadien entre dans l'allée du manoir de Vains.

Deux soldats, armés seulement de fusils, vont chercher une trentaine d'Allemands qui se rendent sans résistance. Les blindés ont ensuite défilé pendant 30 minutes. » Emile Jugan va à Pont-Gilbert.

« Des Sherman americains brûlaient en bordure de la Sée, détruits par un char Tigre, qui tirait depuis les environs de la route de Part-en-Dessous. Les Américains étaient surexcites, comme fous. Près du carrefour des plages, à Marcey-les-Grèves, j'ai vu un char s'arrêter. On en a retiré les restes d'un Américain coupé en deux. Un autre blindé tirait au loin. »

Les fantassins se lancent à l'assaut de la colline pour neutraliser les canons allemands positionnés à l'lnstitut Notre-Dame. Quatre Sherman et un camion de ravitaillement ont été d'étruits dans cette bataille.

 

Textes de Michel Coupard et Jack Lecoq